Pour aller plus loin...
Vous trouverez dans cette rubrique des liens vers des émissions de radio, de télévision, des publications...
alimentaires et cosmétiques et analyse leur impact sur la santé.
Manger bio est-il meilleur pour la santé ?
Les 10 clés d’une alimentation saine
TEMPS DE LECTURE : 10 MINUTES
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“La mission de Bon Pote est d’informer sur le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, tout en montrant le rôle actif que chacun peut jouer pour un futur plus respectueux de la planète. Il est certes trop tard pour éviter certaines conséquences, mais il n’est et ne sera jamais trop tard pour agir et éviter le pire...."
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Si vous vous intéressez à l'alimentation, à la sécurité alimentaire et aux risques alimentaires, et aussi à l'agriculture et à la prospective...
- Sécurité sanitaire des aliments
Qui contrôle quoi ?
La DGCCRF (ministère de l’Économie) conserve sa mission de contrôle de la loyauté des produits et de la bonne information du consommateur : contrôle de l’étiquetage, de la composition et de la dénomination des marchandises ; lutte contre les pratiques déloyales sur l’origine, la qualité et les allégations.
La DGAL (ministère de l’Agriculture) reprend l’ensemble du contrôle sanitaire des filières végétale et animale (production, transformation, distribution, restauration commerciale et collective). Elle vérifie les modalités de fixation des dates limites de consommation (DLC) et de durabilité minimale (DDM), ainsi que l’information sur le risque allergène. Elle gère également le contrôle de l’alimentation pour animaux, ainsi que celui des OGM, des compléments alimentaires, des denrées alimentaires enrichies, des additifs, arômes, enzymes, etc.
Article publié le 27 Juin 2023 par la revue l'UFC-Que Choisir , une association à but non lucratif au service des consommateurs pour les informer, les conseiller et les défendre.
L'UFC-Que Choisir est 100 % indépendante de l’Etat, des producteurs et des distributeurs.
Vers une privatisation rampante des contrôles
Le transfert d’une partie des contrôles sanitaires des aliments à des opérateurs privés laisse craindre une détérioration de leur qualité, du fait de potentiels conflits d’intérêts. Et ce, alors même que cette surveillance coûterait moins cher au contribuable en restant sous le contrôle des pouvoirs publics. Le flou persiste sur le devenir à moyen terme de certaines missions.
Laits maternisés de Lactalis, pizzas Buitoni (Nestlé), chocolats Kinder (Ferrero)… Après chaque scandale, le gouvernement clame sa volonté d’accentuer les contrôles sur les acteurs de la chaîne alimentaire (industrie, distribution, restauration). Dans les faits, la dernière réforme de la sécurité sanitaire des aliments risque à l’inverse de les fragiliser. Cette mission de surveillance de la qualité de nos denrées a été transférée début 2023 de la DGCCRF vers le ministère de l’Agriculture, comme annoncé il y a un an par le ministère de l’Économie (dont dépend la DGCCRF). Ses contours ont évolué au fil des mois. Ainsi, les tâches transférées comprendraient aussi les « nouveaux aliments » (insectes, algues, etc.), les OGM, les compléments alimentaires, les additifs, les contaminants et une partie des contrôles de « matériaux au contact » (emballages, contenants), contrairement à ce qui était initialement annoncé.
La DGCCRF affaiblie
À la DGCCRF, la réforme passe mal. Les agents ont le sentiment de remplir leur rôle, et pourtant d’être injustement attaqués. « Nous subissons des critiques violentes à chaque crise sanitaire, et la DGCCRF se fait aujourd’hui dépecer d’une de ses principales missions de protection des consommateurs, souligne le syndicat Solidaires CCRF-SCL. Cela contribue à l’affaiblir. » Les syndicats alertent depuis des années sur la réduction d’effectifs.
Décidée dans la précipitation, la réforme est encore en cours de mise en place, faute d’agents en nombre suffisant sur le terrain. « L’accroissement annoncé des contrôles par le ministère – de 10 % en plus au niveau des industriels, et de 80 % en plus au niveau de la remise directe au consommateur – est inatteignable dès la première année d’application », souligne un fonctionnaire du ministère. En effet, si 190 postes dédiés ont été promis, les recrutements, pour certains toujours en cours, n’ont pas encore permis la formation de tous les agents concernés, et le transfert effectif de l’ensemble des missions – sans même parler de l’accroissement programmé des contrôles, donc des contentieux à traiter ensuite.
32 millions d’euros pour sous-traiter les contrôles
Le ministère a une solution toute prête à cette difficulté : la délégation, à des opérateurs privés, des contrôles « à la remise directe au consommateur » dans les commerces alimentaires et la restauration. Pour cela, un budget conséquent de 32 millions d’euros est prévu. Un montant qui fait bondir les syndicats de salariés du ministère. Dans une lettre ouverte, six syndicats (CFDT, CFTC, CGC, SNISPV, FO, UNSA) interpellent le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau : « Quelle est la pertinence de recourir à une si grande échelle à de la délégation plutôt que de favoriser le recrutement de fonctionnaires compétents et impartiaux ? »
Dans un courrier du 12 juin, le ministre rétorque que la délégation permet d’avoir « un coût maîtrisé pour l’État ». Une justification bien laconique, sachant que cette somme aurait permis d’embaucher près de 500 fonctionnaires, selon des chiffres de ce même ministère. « Cela équivaut à 5 fonctionnaires dédiés en plus par département, c’est énorme, souffle un agent. Avec ça, on aurait pu accroître le nombre de contrôles – avec une garantie de qualité ! »
Risque de conflits d’intérêts
Car l’une des craintes des syndicats, c’est le risque de conflits d’intérêts de cette sous-traitance, qui pourrait dégrader la rigueur des inspections : « Nous sommes plus que circonspects pour les contrôles des établissements en remise directe confiés aux mêmes laboratoires ou prestataires qui leur proposent parallèlement des services commerciaux. Quelles garanties apporter sur l’impartialité des contrôles et l’indépendance des délégataires ? », interrogent-ils. La délégation est effectivement ouverte à des entreprises qui travaillent par ailleurs pour les acteurs de la filière agroalimentaire, ceux-là même qu’ils pourraient être amenés à contrôler. Par exemple, les organismes certificateurs Bureau Veritas ou Apave, le laboratoire Eurofins, ou encore le cabinet d’audit QualiConsult sont sur les rangs. Les syndicats soulèvent également le problème du coût, craignant de « se retrouver pieds et poings liés dans quelques années et de se voir imposer des tarifs exorbitants ».
Selon le ministre de l’Agriculture, « cette délégation s’inscrit dans le respect du droit européen [qui] impose de garantir l’impartialité des contrôles ». Un peu court comme réponse, alors que la situation de conflits d’intérêts existe bel et bien, pour des prestataires qui ne peuvent être absolument indépendants.
Trois quarts des inspections déléguées
Le pilotage par le ministère de l’Agriculture est effectif depuis le 1er janvier 2023. Les contrôles dans les industries agroalimentaires seront transférés au 1er septembre – étant les plus sensibles, ils seront exclusivement réalisés par les agents du ministère de l’Agriculture. Ceux des denrées « à la remise directe » seront transférés au 1er janvier 2024 ; sur les 100 000 inspections prévues par le ministère, les trois quarts seraient déléguées. En cas de contentieux, l’administration reprendrait le dossier en main, voyant sa charge de travail alourdie. Le suivi des opérations de retrait et rappel concernant les « alertes nationales à enjeux », à l’instar des chocolats Kinder ou des pizzas Buitoni, serait également sous-traité, de même que les prélèvements d’échantillons pour analyses.
Le syndicat Solidaires CCRF-SCL s’inquiète du devenir du réseau des laboratoires publics de référence (SCL), dans lesquels sont réalisées ces analyses. Le ministère n’a pas précisé leur devenir au-delà de 2026, mais une restructuration est annoncée. Envisagerait-il également de déléguer ces examens ? Ce serait facile : des laboratoires privés figurent parmi les candidats prestataires. Seulement, ils réalisent aussi les autocontrôles pour le compte des industriels… Le risque de conflits d’intérêts plane là encore.
Malgré ces craintes, ce transfert des contrôles sera-t-il bénéfique au consommateur ? « Cette délégation au privé entretient la suspicion sur la qualité des contrôles, et ce n’est jamais bon, regrettent des agents du ministère. De plus, on aboutit à une usine à gaz, qui fragilise l’expertise de l’État. » Qu’en dit le ministère de l’Agriculture ? Il n’a pas répondu à nos questions.
- Pour complèter, RappelConso Le site des alertes de produits dangereux
C'est le site public d’information des consommateurs sur les rappels de produits, de denrées alimentaires ou d’aliments pour animaux. Il répertorie l’ensemble des rappels de produits finis destinés aux consommateurs. Les rappels concernant des produits intermédiaires, uniquement à destination des professionnels, ne sont donc pas enregistrés sur RappelConso.
Rappel consommateur : https://rappel.conso.gouv.fr
- Les produits phytosanitaires- Eclairages
- Le bio-contrôle ou comment cultiver tout en protégeant la nature:
Si vous jardinez, visitez la rubrique "Jardinier-ère-s, préparez-vous !"
- Fruits et légumes - Meilleur marché en circuit court ?
Publié le : 23/03/2023 par l’UFC-Que choisir
Un panier de fruits et légumes conventionnels coûte le même
prix en circuit court qu’en grande surface. Et un panier bio
y est aussi plus abordable !
Des fruits et des légumes de qualité, de saison et locaux,
et surtout, ne coûtant pas plus cher qu’en supermarchés ?
C’est possible, et l’enquête menée par
l’UFC-Que Choisir le prouve.
Brocoli, chou-fleur, clémentine, endive, poire… les
bénévoles de l’association ont en effet relevé, partout sur le territoire, les
prix de 17 végétaux uniquement d’origine France commercialisés en circuit court
avant de les comparer à ceux vendus en grandes et moyennes surfaces (GMS).
PEU OU PAS D’INTERMÉDIAIRES
Résultat : points de vente d’agriculteurs, drives fermiers,
Amap (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne), épiceries
coopératives, etc., disposent d’une offre concurrentielle face aux poids lourds
de la grande distribution comme Auchan, Carrefour, Casino ou ELeclerc.
Quand vous achetez des fruits et légumes issus
de l’agriculture conventionnelle, vous dépensez le même montant (38 €), que
vous remplissiez votre panier chez les premiers ou les seconds. En revanche,
lorsque ceux-ci sont bios, ils s’avèrent meilleur marché en circuit court. Vous
pouvez donc alléger un peu votre porte-monnaie tout en préservant votre santé !
Comment peut-on expliquer que
les circuits courts se montrent aussi compétitifs, alors que les prix d’achat
aux fournisseurs y sont plus hauts et qu’il ne leur est pas possible de
réaliser des économies d’échelle à cause de la petite superficie des magasins ?
Parce qu’il s’agit soit de vente directe du producteur au client, soit de vente
indirecte mais avec un seul intermédiaire. Par conséquent, moins d’acteurs
prennent une marge au passage ; cette organisation permet
non pas de vendre moins cher aux consommateurs, mais de mieux payer les
agriculteurs.
Ces derniers estiment d’ailleurs recevoir « une plus juste
rémunération en circuit court », souligne Grégori Akermann, sociologue à
l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et
l’environnement (Inrae).
Les distributeurs, eux, recourent à plus d’intermédiaires,
mais maîtrisent beaucoup mieux la chaîne logistique.
CIRCUITS D’APPROVISIONNEMENT DIFFÉRENTS
Cependant, si l’on regarde les résultats de l’enquête à la
loupe, on observe des différences selon les fruits et légumes. Ainsi, vous
déboursez de 13 à 20 % de plus dans une GMS pour l’ail, l’oignon, la betterave
et le mesclun (en vrac), tandis que les carottes, le fenouil, les champignons
de Paris, les poireaux affichent des tarifs 10 à 20 % supérieurs en circuit
court. « Les carottes et les poireaux y sont plus onéreux parce qu’ils sont
surtout vendus par des petits maraîchers diversifiés, qui cultivent de nombreux
légumes mais en faibles quantités, indique Yuna Chiffoleau, directrice de
recherche à l’Inrae. En GMS, ce sont généralement des cultures de plein champ,
fournies par des agriculteurs dirigeant des exploitations de plus grande
taille, avec des coûts de production plus faibles. » Sur les aliments dont ne
peuvent pas se passer les Français, tels que l’ail ou l’oignon, soulignons que
la grande distribution applique des marges plus importantes. Quant au mesclun,
il est essentiellement consommé par des ménages aisés que des tarifs élevés ne
rebutent pas.
Cora, Intermarché, Système U et consorts revendiquent
lutter contre l’inflation. Or, ces enseignes semblent avoir « oublié » depuis
longtemps la filière bio : elles commercialisent les fruits et légumes issus de
l’agriculture biologique 25 % plus cher que leurs équivalents conventionnels.
Pourquoi ? Certainement en raison des surmarges qu’elles
réalisent sur ces aliments, comme le révélaient déjà deux enquêtes de l’UFC-Que
Choisir, en 2017 et 2019. « Les GMS récupèrent sur le bio ce qu’elles perdent
par ailleurs sur les produits d’appel », confirme Grégori Akermann. Elles
peuvent se le permettre : en supermarché, la majorité des clients du segment
bio possèdent un pouvoir d’achat élevé. Et acceptent de payer le prix fort pour
ces articles. Il reste qu’ils sont également plus opportunistes que ceux qui se
rendent dans les autres types de commerces. Dès que les tarifs augmentent trop,
ils se détournent plus vite de cette offre. Et rares sont ceux qui iront la
chercher ailleurs.
AU MOINS LA MOITIÉ REVIENT AUX PRODUCTEURS
Meilleure qualité, tarifs
équivalents, voire moins élevés pour le bio, soutien à l’économie locale et aux
agriculteurs… ces arguments en faveur des circuits courts ont de quoi séduire.
Pour qui veut les favoriser, notre enquête prouve qu’il est possible de s’y
ravitailler sans grever son budget. Notons, en outre, que si les commerces
alternatifs font jeu égal avec les grandes surfaces (1), les marchés de plein
vent et la vente directe à la ferme sont encore plus intéressants en matière de
prix.
Certes, les circuits courts présentent de nombreux atouts «
et donnent du sens à ses achats, toutefois il n’est pas possible d’y trouver
l’ensemble de ses courses, ce qui implique de multiplier les lieux
d’approvisionnement », tempère Claire Coquillat.
Mais pour les consommateurs militants, qu’importe :
lorsqu’ils y paient 38 € un panier de légumes, ils ont la garantie qu’au moins
la moitié revient aux agriculteurs (voire 80 % dans un magasin de producteurs),
contre, au mieux, autour de 10 % en supermarché.
l’UFC-Que Choisir en partenariat avec l’Inrae a
élaboré une carte interactive des circuits courts si vous souhaitez dénicher des magasins
proches de chez vous…
L'AMAP'Référence fait des démarches pour vous dans ce sens
(1) Sauf pour l’épicerie et les produits transformés, plus onéreux en circuit court, car ils proviennent de petites unités de transformation peu mécanisées, et se positionnent plutôt sur un créneau haut de gamme.
A PODCASTER ou A ECOUTER:
l'émission " On va déguster" de 11h à 12h du Dimanche 28 Janvier 2024
sur France Inter
- L'histoire des AMAps- le circuit court préfèré des Français.es.
- Comment bien choisir son pain et ses viennoiseries ?
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-jeudi-02-mars-2023-9104820
- Les Bonnes choses - Emission de Caroline Broué
Vous pouvez réécouter les émissions à la demande = en podcast (émission déjà diffusée et proposée en replay via internet sur un ordinateur, une tablette ou un téléphone)
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-bonnes-choses
- Salon de l'agriculture : quel est l'impact de l'alimentation sur l'environnement (et comment le réduire) ?
Publié franceinfo - temps de lecture: 10mn
Sur ce site un QUIZ très intéressant sur les aliments et leur impact sur le climat.
Testez vos connaissances et l'impact de vos habitudes alimentaires !
A REGARDER:
Le Bio: un siècle d'histoire (sur Arte.tv - Réalisation Martin Entholt - 2024)
https://www.arte.tv/fr/videos/117177-000-A/le-bio-un-siecle-d-histoire/?
Si la production durable et le bien-être animal figurent au rang des préoccupations actuelles, les principes de l’agriculture biologique datent d’une centaine d’années. Ce documentaire retrace ses grandes évolutions, des prémices du mouvement jusqu’à sa reconnaissance à l’échelle européenne.
- Pourquoi de l'agneau de lait uniquement élevé sous la mère au Chaudron du Jura (Vaux et Chantegrue) ?
Cette production d’agneaux de lait relève de deux choix fondamentaux de notre exploitation :
1) élever nos
agneaux nous-même plutôt que de les vendre à un engraisseur professionnel à
l’âge d’une semaine.
Economiquement
parlant, il est bien plus rentable pour une exploitation laitière de vendre les
agneaux à sept jours et de transformer le lait des brebis. Mais cela signifie que les agneaux sont
engraissés au lait en poudre dans un centre d’engraissement.
Nous sommes convaincus que l’usage du lait en poudre à destination de l’alimentation animale du point de vue énergétique et bilan carbone, ça ne tient pas la route
2) pour produire de plus gros agneaux, nous
devrions les nourrir, après sevrage, avec des céréales, ce que font la plupart
des éleveurs.
Or, nous refusons de donner des céréales à nos agneaux et nos brebis laitières car nous considérons que la production de céréales, doit se faire uniquement à destination de l'alimentation humaine et pas à destination de l'alimentation animale.
En effet, la production de céréales pour le bétail immobilise d’immenses surfaces agricoles, le stockage et le transport de ces céréales à un coût énergétique important et les ruminants n’en ont pas besoin pour se nourrir.
Parallèlement à ça, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser les agneaux boire le lait de leur mère au-delà de 60 jours sans mettre en danger définitivement notre ferme... Nous devons produire des produits laitiers (yaourts, fromages à pâte molle et mi-cuite) pour rendre notre ferme viable.
Il est également important de tenir compte du fait qu’un agneau abattu à 60 jours n’a pas émis de méthane durant sa courte vie. En effet, il n’a pas encore développé sont rumen et n’a donc pratiquement pas encore ruminé ni éructé de méthane.
Enfin, produire un agneau de 5-6 kg de carcasse en 45 jours, uniquement à partir du lait de sa mère qui elle-même, n'est nourrie qu'au foin et à l'herbe, est un résultat plus qu’honorable.
Pour comparaison, un poulet bio est abattu vers 80 jours de vie et pèse 2,15kg en moyenne.
Ces propos ne feront pas
grossir les pièces d’agneau qui se trouveront dans votre assiette mais
peut-être qu’ils décideront certains d’entre vous à tester cette viande qui mérite
d’être mieux connue».
- Nos gestes climat: Calculez votre empreinte carbone ...
- Dans l'actualité ...
Alimentation saine - La sécurité sociale alimentaire fait des émules
Et si l’on rendait l’alimentation saine - première des médecines- accessible à tous ?
Associations et collectivités testent l’idée…
Une belle botte de carottes, du fromage de chèvre, un rumsteak… « Et aujourd’hui, je m’autorise même un plat asiatique pour me faire un petit plaisir », sourit Mikaele Moine Cerame. Ce mercredi matin de novembre, cette retraitée fait le tour des producteurs sur le marché de Celleneuve, un quartier aux allures de village dans l’ouest de Montpellier (Hérault). Voilà près de deux ans qu’elle a ses habitudes ici et que tout le monde la connaît. Car elle ne règle pas ses achats avec un moyen de paiement conventionnel. « Je paye en MonA », annonce-t-elle, en tapant son nom et un code sur le téléphone des commerçants qui adhèrent au dispositif, afin d’accéder à cette monnaie numérique.
Mikaele fait partie des 400 personnes participant à l’expérience de caisse alimentaire commencée en février 2023 dans la ville héraultaise. Le principe ? Chacun cotise tous les mois entre 1 et 150 € selon ses moyens pour recevoir 100 MonA à utiliser dans une cinquantaine de points de vente. M’hamed Saadaoui, un autre bénéficiaire de la caisse, les dépense au supermarché coopératif La Cagette, en centre-ville. « C’est ici que je viens acheter tout ce qui est bio », raconte ce retraité, dont le panier déborde de fruits et de légumes produits pour l’essentiel dans la région.
Tout comme eux, des milliers de Français expérimentent cette forme de sécurité sociale appliquée à l’alimentation, dans d’autres grandes villes comme Lyon (Rhône), Marseille (Bouches-du-Rhône), Toulouse (Haute-Garonne) ou encore Grenoble (Isère), mais aussi en territoire rural, à Cadenet par exemple, dans le Vaucluse. La Gironde teste même le dispositif à l’échelle du département.
Des prix différenciés
Ce n’est pas tout. « D’autres systèmes sont expérimentés, comme des prix différenciés sur les marchés », pointe Bénédicte Bonzi, anthropologue à l’École des hautes études en sciences sociales. C’est ce qui est mis en place sur celui de Dieulefit, dans la Drôme : selon leurs revenus, les clients choisissent de payer le « prix du maraîcher », qui permet au producteur de se rémunérer correctement, un « prix solidaire » à 125 % de ce montant ou un « prix accessible » à 65 %. Cela peut aussi prendre la forme d’un chèque alimentaire, comme celui lancé cet été par le département de Seine-Saint-Denis et l’ONG Action contre la faim pour 500 habitants de Montreuil. « Ces personnes bénéficient d’un versement de 50 € par mois sur une carte Vital’im, et ce montant est bonifié de 50 % si les achats concernent des fruits et des légumes ou quand ils sont effectués dans des magasins bios », explique Émilie Martin, coordinatrice du projet à Action contre la faim.
L’objectif de ces initiatives est chaque fois le même : garantir un accès universel à des aliments sains, au même titre que les médicaments, sachant que les personnes les plus précaires sont aussi les plus touchées par les maladies liées à une mauvaise alimentation. Et par la même occasion, favoriser la consommation de produits durables et locaux. L’idée étant de faire face à l’essoufflement du modèle classique des banques alimentaires. « Non seulement il est difficile d’aller chercher de l’aide dans les associations, car il faut fournir des justificatifs, mais surtout, plus de la moitié des gens qui pourraient bénéficier d’aides alimentaires ne veulent pas y recourir, parce qu’ils jugent cela trop honteux », affirme Nicolas Bricas, chercheur en socioéconomie de l’alimentation au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et membre du comité scientifique de la caisse alimentaire de Montpellier.
L’insuffisance des Restos du cœur
Autre problème, « l’aide alimentaire actuelle repose beaucoup sur les invendus de supermarchés », poursuit le spécialiste. Or, selon une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) parue en 2023, avec le déploiement des rayons anti-gaspi dans les magasins, les quantités de denrées allant dans le circuit des dons se sont sensiblement réduites. « D’où la nécessité de sortir de ce modèle unique d’aide alimentaire, pour trouver d’autres formes de solidarité et donner le sentiment aux gens qu’ils peuvent reprendre la main sur leur alimentation », martèle Nicolas Bricas. C’est ainsi que cette idée de sécurité sociale de l’alimentation a germé, et est aujourd’hui défendue par plusieurs think-tanks et ONG. Toutefois, la proposition peine à s’imposer au niveau national. Si l’idée d’un chèque alimentaire a bien été portée par le candidat Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2022, la promesse a été enterrée début 2024, car jugée trop complexe et coûteuse. « On est aujourd’hui plutôt dans un temps politique de recul social, donc c’est un projet à contre-courant », souffle Pauline Scherer, sociologue copilote de l’initiative montpelliéraine. C’est pour pallier l’urgence sociale (lire l’encadré), tout en faisant la démonstration que de tels systèmes fonctionnent, que des associations et des collectivités locales lancent depuis peu leurs propres expérimentations. Avec des philosophies parfois différentes : à Montreuil, on a opté pour un chèque ouvert à tous les produits alimentaires, même si les bénéficiaires reçoivent un bonus quand ils achètent des fruits et légumes. « On ne voulait pas être dans l’injonction, en laissant une liberté de choix aux personnes, tout en ayant un volet incitatif avec ce système de bonification », avance Émilie Martin. À Montpellier, ce sont les participants eux-mêmes qui se réunissent au sein d’un comité citoyen pour choisir les points de vente où les MonA peuvent être utilisées.
Chacun cotise selon ses revenus
« L’enjeu, c’est de redonner du pouvoir d’agir aux gens. La plupart savent déjà comment manger mieux, c’est simplement qu’ils n’en avaient pas les moyens », assure Nicolas Bricas. Autre différence de taille : pour les chèques alimentaires, comme à Montreuil, les usagers sont des personnes en situation de précarité orientées par la mairie ou le Secours populaire, tandis que le système de sécurité sociale alimentaire repose, lui, sur la participation de tous, chacun cotisant selon ses revenus. Dans les deux cas, les résultats semblent prometteurs : à Montreuil, 71 % des usagers utilisent la bonification sur les fruits et légumes, et un quart des achats sont réalisés dans des boutiques bios.
Oser entrer dans un Biocoop
« Les gens sont emballés par cette possibilité d’aller dans des magasins qu’ils ne pensaient pas pour eux, de pouvoir pousser la porte d’un Biocoop sans avoir peur d’être stigmatisés », rapporte Émilie Martin. À Montpellier, « les bénéficiaires lâchent un peu le supermarché et diversifient leurs lieux d’approvisionnement », constate Pauline Scherer. Ce dont se réjouissent les producteurs sur le marché de Celleneuve, où l’on peut payer en MonA : « La caisse alimentaire nous ramène de nouveaux clients réguliers, qui n’avaient pas les moyens de venir auparavant. » Cependant, le principal avantage reste, bien sûr, celui dont témoignent les usagers. « Grâce à la caisse, mon budget alimentaire a doublé. Je peux à nouveau m’autoriser des produits laitiers régulièrement, et de la viande une fois par semaine », déclare Mikaele Moine Cerame.
Les dispositifs se heurtent néanmoins à certaines limites. Par exemple, « À Sevran (en Seine-Saint-Denis), il n’y a aucune enseigne alternative, donc tout le monde s’approvisionne au Carrefour, ce qui pose aussi la question de l’offre », souligne Émilie Martin. Dans l’Hérault, on s’interroge sur la somme allouée aux bénéficiaires. « Certains participants continuent à aller vers l’aide alimentaire pour le reste des courses. Si l’on veut avoir un impact plus fort, il faudra qu’ils reçoivent plus que 100 € », indique Pauline Scherer.
Se pose surtout la question du financement d’un tel dispositif s’il était adopté à l’échelle nationale. D’après le réseau des Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam), la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation, garantissant un montant mensuel de 150 € à tous les Français, coûterait 120 milliards d’euros par an. Moins que les dépenses de santé (226 milliards d’euros en 2023, selon « Les chiffres clés de la Sécurité sociale »), mais bien davantage que le coût de l’aide alimentaire, estimé à 1,5 milliard d’euros (selon un rapport du Sénat de 2018). Logique, puisque dans le cas de la sécurité sociale alimentaire, tout le monde serait bénéficiaire…
Ce système permettrait de sérieuses économies, si l’on en croit ses promoteurs. Une étude de quatre associations (le Secours catholique, le réseau Civam, Solidarité paysans et la Fédération française des diabétiques), publiée en septembre dernier, chiffre à 19 milliards d’euros les compensations des dysfonctionnements du système alimentaire financées par les pouvoirs publics (traitement des maladies liées à une mauvaise alimentation, aides aux agriculteurs…). « Non seulement ce projet de sécurité sociale de l’alimentation est viable mais, en plus, c’est le seul capable de répondre de manière structurelle à toutes ces problématiques d’accès à l’alimentation et de revenus décents des paysans, là où augmenter les aides alimentaires et agricoles s’apparente à mettre de petits pansements », précise Bénédicte Bonzi. Petit à petit, d’une expérimentation locale à une autre, l’idée finira-t-elle par s’imposer ? « C’est une véritable conquête, comme l’a été la Sécurité sociale en son temps », s’enthousiasme M’hamed Saadaoui.
Insécurité alimentaire - De mal en pis
« Tout ce qui a été fait pour lutter contre l’urgence dénoncée par Coluche il y a 40 ans n’a pas marché. La misère est toujours là, et s’accroît même », assène Bénédicte Bonzi, anthropologue à l’École des hautes études en sciences sociales. Selon une enquête du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) publiée en 2023, 16 % des Français ne mangeaient pas à leur faim en 2022, contre 9 % en 2016. Le covid est passé par là, suivi de la guerre en Ukraine, qui a entraîné une forte inflation, notamment sur les denrées : +12 % en 2023. « Ces crises ont été un révélateur des failles de notre système alimentaire avec, d’un côté, des agriculteurs qui peinent à bien vivre et, de l’autre, l’impossibilité de nourrir tout le monde correctement », constate la chercheuse.